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Le dernier samouraï

Le scénario du dernier samouraï, le film d’Edward Zick est largement inspiré de l’histoire d’un capitaine français, Jules Brunet, qui a combattu aux cotés de Enomoto Takeaki dans la citadelle de Goryo-kaku à Hakodate lors de la guerre de « boshin », la guerre civile japonaise.

En juillet 1865, le Shogunat de Tokugawa envoie en France et en Angleterre une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangère japonais, le seigneur Shibata Hyuga-no-kami Takenaka. La delegation a pour objectif de négocier avec le gouvernement français un projet de construction de chantier naval à Yokosuka, d’achat de matériel et d’équipements.

Officieusement, la délégation à pour objectif d’inviter une mision francaise pour participer à la modernisation et à l’entrainement de l’armée du shogunat. De son coté, le gouvernement britanique soutien l’armée de l’empereur Meiji.

Le seigneur Shibata Hyuga-no-kami Takenaka, visite le chantier naval de Toulon et négocie les modalités de la construction du chantier naval de Yokosuka, puis il négocie avec le Ministre des Affaires étangères français, Drouyn de Lhuys, l’envoi au Japon d’une délégation militaire française chargée de l’instruction de l’armée du shogunat.

En 1866, le ministre français de la guerre, le général Randon, ordonne l’envoi d’une mission militaire conduite par le capitaine Carles Chanoine, celle-ci est composée de 10 sous-officiers et de 2 soldats.

Débarquée à Yokohama le 13 janvier 1867, cette mission formera sept régiments d’infanterie, un bataillon de cavalerie et quatre bataillons d’artillerie, soit 10.000 hommes.

Le Shogunat qui ne peut faire face aux forces impériales abdiquera 9 mois plus tard. Le 14 octobre 1867, le dernier Shogun Yoshinobu restitue le pouvoir à l’empereur Meiji. Cet événement marque la fin du régne de 264 ans du Shogunat de Tokugawa et le début de l’ère de “Meiji”.

En octobre 1868, par décret impérial, le nouveau gouvernement de Meiji somme la mission militaire française de quitter le Japon.

Jules Brunet et quelques membres de la mission française décident néanmoins de rester avec leurs "élèves" pour organiser la résistance de l’armée du dernier samouraï fidèle au shogunat destitué contre le nouveau gouvernement de Meiji. Déserteur de fait, il envoie une lettre à Napoléon III où il explique qu’il est « décidé à mourir ou bien à servir la cause française en ce pays ».

Les forces de l’ex-shogun vont essuyer revers sur revers. Jules Brunet se replie à Hakodate, sur l’île d’Ezo, avec l’amiral de la flotte Takeaki Enomoto et une poignée de Français. Là, Enomoto sera élu président d’une "République indépendante d’Ezo" qui durera six mois et sera brièvement reconnue par les puissances étrangères.

La résistance des samouraïs s’effondre au printemps 1869. L’infanterie impériale composée de 8.000 hommes débarque à Hakodate. Bombardés depuis la mer et la terre, les 800 rebelles se retranchent dans la citadelle de « Goryo-kaku », les insurgés survivants se rendent le 30 juin.

Jules Brunet et les quelques français prennent la fuite et trouvent refuge sur un bateau français, le "Coëtlogon", ancré au large de Hakodate. Le gouvernement impérial réclame son arrestation.

Jules Brunet comparait devant la court martiale française pour y être jugé et destitué de l’armée. Il est réhabilité un an plus tard et participe à la guerre entre la France et la Prusse en 1870, puis il est promu en 1898 au grade de commandant en chef de l’armée française sous le ministre de la guerre Chanoine (qui était son supérieur lors de la mission militaire française au Japon).

Jules Brunet décédera le 18 août 1911 à Fontenay Sous Bois à l’age de 74 ans.

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