31,6 millions de touristes en 9 mois : le Japon active enfin une mesure choc (et elle va piquer)
Alors que le Japon bat des records d’affluence, le pays s’apprête à faire payer plus cher le privilège de découvrir ses temples, ses ruelles et ses cerisiers en fleurs. Derrière le succès touristique se cachent le défi du surtourisme.
Après plusieurs années de fermeture liée à la pandémie, le Japon attire de nouveau les foules. De Tokyo à Kyoto, les visiteurs étrangers affluent en masse, séduits par l’hospitalité japonaise, la richesse culturelle et la gastronomie. Mais cette popularité a un coût.
Un nouveau record de fréquentation pour le Japon
La passion mondiale pour le Japon ne s’essouffle pas. D’après les dernières données de l’Organisation nationale du tourisme, plus de 30 millions de voyageurs internationaux ont visité le pays entre janvier et septembre, un seuil historique jamais atteint auparavant. Rien qu’en septembre, 3,26 millions de visiteurs étrangers ont foulé le sol nippon, soit une hausse de 13,7 % par rapport à l’an dernier.
Depuis le début de 2024, chaque mois a battu un nouveau record de fréquentation, portant le total à 31,6 millions de visiteurs en neuf mois. Un engouement qui confirme la place du Japon parmi les destinations les plus prisées au monde. Pourtant, derrière les chiffres se profilent des tensions croissantes : transports bondés, pollution, hausse des loyers et exaspération des habitants face aux « embouteillages humains ».
Pour tenter de préserver son attractivité tout en limitant les dégâts, le gouvernement japonais a récemment validé une mesure controversée : une hausse de la taxe hôtelière, la plus importante jamais mise en place dans le pays.
Une nouvelle taxe touristique au Japon
À partir de 2025, les voyageurs séjournant à Kyoto devront s’acquitter d’une taxe d’hébergement nettement plus élevée. La réforme, approuvée début octobre, devrait doubler les recettes de la ville, passant de 5,2 milliards à 12,6 milliards de yens (soit environ 71,5 millions d’euros).
Cette taxe, introduite pour la première fois en 2018, sera désormais calculée selon le prix de la chambre :
- 1 000 ¥ (environ 5,70 €) pour les hébergements de 20 000 à 49 999 ¥ la nuit ;
- 4 000 ¥ (22,70 €) pour les séjours entre 50 000 et 99 999 ¥ ;
- et jusqu’à 10 000 ¥, soit près de 57 € par nuit pour les hôtels de luxe.
L’objectif officiel : encourager un tourisme plus durable et redistribuer une partie des profits au bénéfice de la population locale. Mais pour de nombreux voyageurs, déjà confrontés à la flambée du yen et à la hausse générale des prix, cette mesure risque de rendre le Japon encore moins accessible.
Alors que le pays savoure son succès touristique, la question demeure comment limiter le surtourisme dans un pays qui attire toujours plus de touristes ?