Vous êtes chasseur ? Le Japon a peut-être besoin de vous !

Actu Par Thomas V. -

Au Japon, les ours continuent de terroriser la population. Ils descendent désormais jusque dans les villes et s’introduisent dans des jardins, parfois même dans des écoles. Face à la multiplication des attaques, le gouvernement nippon a décidé de réagir : il compte recruter des chasseurs pour endiguer cette menace grandissante.

ours japon chasseur attaques

Des fonds pour renforcer la riposte

Le ministère de l’Environnement a annoncé la mise en place d’un plan national afin d’embaucher des chasseurs agréés et de mobiliser des experts capables d’intervenir rapidement dans les zones à risque. L’objectif : protéger les habitants, mais aussi rétablir un équilibre mis à mal par la prolifération des ours dans les régions montagneuses.

Cette initiative fait suite à une réunion de crise tenue à Tokyo, alors que le pays déplore déjà douze morts cette année (un record depuis le début des statistiques au début des années 2000).

Les drames se multiplient : un livreur de journaux tué à Hokkaido, un retraité retrouvé sans vie dans son potager à Iwate… Autant d’incidents qui rappellent à quel point la cohabitation entre humains et faune sauvage devient périlleuse.

Une menace devenue quotidienne

Dans certaines préfectures du nord, comme Akita, les ours s’invitent jusque dans les supermarchés ou les cours d’école. Les autorités locales parlent d’une situation d’urgence. Plus de cent personnes ont déjà été blessées cette année, dont plusieurs touristes.

Deux espèces cohabitent au Japon : l’ours noir, plus discret, et l’ours brun de Hokkaido, massif et imprévisible. Ce dernier est souvent impliqué dans les attaques les plus violentes.

Pour la première fois, le gouvernement envisage d’autoriser les policiers à abattre les animaux dangereux. Les Forces d’autodéfense ont également été déployées pour épauler les équipes locales. La vie et les moyens de subsistance des habitants sont directement menacés, a averti le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi.

Les chasseurs, une espèce en déclin

Mais un autre problème se profile : le Japon manque cruellement de chasseurs. Le gouverneur d’Akita, Kenta Suzuki, a tiré la sonnette d’alarme : la plupart des professionnels encore actifs sont âgés et épuisés.

Autrefois valorisée, la chasse à l’ours s’est peu à peu marginalisée, victime du vieillissement démographique et du déclin des zones rurales. Dans le même temps, les ressources naturelles se raréfient : la diminution des faînes et des glands pousse les ours affamés vers les habitations.

Pour faciliter les interventions, le Japon a assoupli récemment sa législation sur les armes à feu. Mais sans relève parmi les chasseurs, le pays pourrait bientôt manquer de bras… alors même que les ours, eux, n’ont jamais été aussi nombreux.